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Vous êtes ici : Accueil > Dossiers et débats > Europe et social-démocraties européennes > Allemagne > Deutschland 21 : priorité à l’emploi... | ||
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dimanche 15 octobre 2000 Imprimer cet article | Cet article au format PDF Le 18 septembre 2000, Gehrard Schröder présentait les grandes priorités de l’initiative "Allemagne 21". Et lançait une campagne publicitaire pour convaincre les Allemands eux-mêmes de se brancher sur l’Internet. La question de l’emploi est au centre de Deutschland 21. Le gouvernement allemand avançait, il y trois ans, maintenant, le chiffre de 350 000 emplois qui pourraient etre créés dans les nouvelles activites et métiers liés aux technologies de l’information. Gehrard Schröder met en avant, desormais, un potentiel de 750 000 emplois à créer dans la "nouvelle économie". (Cette notion de "nouvelle economie" ne va pas de soi, en Allemagne. Le chancelier allemand se refuse, au reste, dans son discours de septembre, a distinguer la "nouvelle economie" de l’ancienne). L’entree dans la "societe de l’information" confronte le modele social et industriel allemand à un dilemme majeur : la pénurie de competences contraint l’Allemagne a recruter des ingenieurs à l’etranger, alors que des centaines de milliers de travailleurs attendent un emploi. Avec "Allemagne 21" , le gouvernement de Gehrard Schröder reevalue a la hausse les objectifs qu’il s’etait assigné un an plus tot. Il donne un serieux coup d’accelerateur, mais le plus grand flou entoure les ressources du budget federal allouées a ce programme. Le gouvernement allemand semble miser sur la mobilisation des lander et des entreprises allemandes. L’Allemagne avait tardé à se doter d’un programme d’action comparable aux initiatives du Gouvernement de Tony Blair, et au PAGSI en France. Il est vrai que la répartition des pouvoirs entre le niveau fédéral et celui des länder (en charge, notamment de l’éducation et de la culture, et dotés d’une forte autonomie administrative) ne facilitait pas la mise en œuvre d’un "programme tous azimuts". Le programme d’action fédéral " Innovation et emplois dans la société de l’information au XXIe siècle" , annoncé en 1999, avait une orientation principalement économique. L’objectif assigné était "de réussir le passage de la société de l’industrie à la société de l’information" et "de profiter du potentiel pour l’emploi" qui en découle. Une étude commandée par Siegmar Mosdorf, secrétaire d’Etat à l’économie, avait évalué à 350 000 le nombre d’emplois qui pourront êtres créés d’ici 2002 en Allemagne dans le secteur du multimédia. Afin de faire passer le taux d’utilisateurs réguliers d’Internet de 9 % (en 1998) à 40 % en 2005, le programme prévoyait d’étendre les connexions à toutes les écoles, contre 35 %. Dans le secteur des télécommunications, le gouvernement souhaitait promouvoir une politique de régulation "intelligente". Le programme etait doté de 3 milliards jusqu’en 2005. L’étape suivante fut la mise en place du "Pacte pour l’emploi, la formation et la compétitivité" : un programme pluriannuel pour remédier au manque de spécialistes dans le domaine des technologies de l’information. Il était notamment prévu de créer 60 000 places d’apprentissage supplémentaires d’ici à 2003. Pour porter le nombre de formations dans cette branche de 5 000 à 35 000 par an jusqu’en 2003, l’investissement annuel etait évalué à 500 millions d’euros. Fin février 2000, Gerhard Schröder devait se résoudre à octroyer 30 000 visas spéciaux à des informaticiens étrangers, mesure d’urgence controversée, qui témoigne sans la régler, d’une profonde pénurie de main-d’oeuvre dans ce secteur en Allemagne. L’Allemagne fit le choix, en 2000, de vendre aux enchères les licences UMTS. Les 20 milliards de marks de recettes ne seront pas versées au budget fédéral mais serviront entièrement à l’amortissement de la dette. Le gouvernement annonce, en février 2000, qu’il préparait un nouveau programme fédéral : "Deutschland 21", plus ambitieux que le précédent. Il proclame, avec Deutsche Telekom, l’an 2000 Année de l’Internet, avec pour devise "l’Allem@gne se met en ligne". Deutsche Télékom propose d’équiper gratuitement l’ensemble des 44.000 écoles allemandes d’une ligne RNIS et d’un accès Internet. La presse allemande se fait l’écho, au printemps 2000, d’un plan du ministère de l’éducation visant à équiper d’ici 2006 chaque élève du pays d’un ordinateur portable, les 44 000 établissements scolaires allemands devant simultanément être raccordés à Internet. Budget prévisionnel de l’opération : près de 41 milliards d’euros, une somme colossale pour laquelle le gouvernement de Berlin souhaite trouver des relais privés, notamment auprès des entreprises. La presse évoque aussi des allègements fiscaux pour les foyers qui feront eux-mêmes l’effort d’équiper leurs enfants. Le financement de ce projet pharaonique est assez flou : le gouvernement fait appel aux entreprises et aux lander. Pour accélérer l’introduction de l’informatique dans les écoles et des lycées , le gouvernement annonce cependant une enveloppe de 383 millions d’euros supplémentaires d’ici 2004 pour les mesures d’accompagnement et la formation continue. Le projet de taxe sur l’utilisation privée d’Internet sur le lieu de travail, concocté par le ministère des Finances, a provoqué une controverse qui a duré tout l’été 2000. Devant la complexité du processus et la levée de boucliers des milieux politiques et économiques, le ministre fait machine arrière. Le ministère de la Justice annonce, de son côté, une taxe sur les ordinateurs, les modems, les téléphones portables WAP ou les prises ISDN pour étendre l’assiette des droits d’auteur. Enfin, le 18 septembre 2000, Gerhard Schröder rendait publiques les grandes priorités de l’initiative "Allemagne 21 : en marche vers la société de l’information". La maîtrise de l’Internet doit faire partie de la culture générale.
Le sponsoring d’ordinateurs dans les écoles et autres établissements de formation sera encouragé. Les questions fiscales concernant l’utilisation sur le lieu de travail et à la maison seront réglées L’utilisation privée d’Internet au travail est exempte d’impôts. Les travailleurs qui utilisent leur ordinateur privé à des fins essentiellement professionnelles peuvent naturellement faire valoir des frais professionnels dans leur déclaration d’impôts si l’ordinateur est connecté à Internet. Formation des chômeurs Les agences de l’emploi proposeront cette année, à partir du mois d’octobre, à chaque chômeur de préparer gratuitement le "permis Internet" pour acquérir les connaissances de base nécessaires. Administration électronique Les services de l’administration fédérale susceptibles d’être fournis sur Internet seront tous mis en ligne d’ici à 2005. Le gouvernement fédéral accélérera, conjointement avec les Länder, l’introduction des services électroniques à l’échelon fédéral, régional et communal. Création d’un portail Internet commun Un cadre réglementaire pour le commerce électronique Le gouvernement fédéral modernisera complètement le cadre juridique pour les transactions sur Internet, avec la reconnaissance de la signature électronique et l’adoption de dispositions garantissant la protection transnationale des consommateurs, l’adaptation du droit de concurrence déloyale seront également modernisées. Si le chancelier écarte le projet de taxe sur l’utilisation privée d’Internet sur le lieu de travail, il plaide vigoureusement pour la taxe sur les matériels informatiques. "L’Internet ne vit pas seulement de la technique mais aussi de contenus attrayants inventés par des personnes créatives. Ils pourront seulement exister si nous protégeons de manière efficace la "propriété intellectuelle" et rémunérons l’utilisation de cette propriété. Il ne s’agit pas du tout ici de réaliser des recettes publiques. Il s’agit de rémunérer de manière appropriée les artistes et les auteurs, comme le font normalement les sociétés de gestion collective dans les médias "classiques" pour les paroles, les images et la musique".
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