Dans un article paru le 02 février dans Libé, Guilhem Fouetillou, qui a lancé l'observatoire en ligne de la campagne pour 2007 à l'Université de Compiègne oppose l'usage des chats et des blogs dans le monde politique.

Sceptique sur l'intérêt des blogs à dimension nationale, il relève notamment le problème de la disponibilité des politiques à animer eux-mêmes leur blog alors qu'un chat est plus clair car "ponctuel, unique et filtré". Je suis d'accord avec l'observation mais néanmoins critique à l'égard de cet outil.

Le chat représente en fait le prolongement des déviances de la culture zapping dans le traitement médiatique de la politique. Il est un peu le pendant, sur le web, des interventions de 3' au JT de 20h, des interventions au compte goutte de certains politiques dans des émissions de divertissement,...
Comme sur ces autres formats courts, le politique doit y passer ses slogans, ses phrases choc, car il y est très difficile d'argumenter, d'expliquer, de convaincre.

Contrairement, le format blog peut quant à lui apporter un certain recul, la mise en valeur d'une réflexion, d'arguments plus construits. Et le fait que ce ne soit pas vraiment le politique qui rédige et mette en ligne importe-t-il autant que cela? Au final, cela reste conforme aux pratiques suivies dans les mass medias : les interviews télé ou radio sont formatées et préparées comme il se doit par des conseillers...certainement les mêmes d'ailleurs qui désormais publient les billets sur les blogs de leur mentor.

Au final, ce que doivent mieux faire les politiques, c'est utiliser chacun des formats du web pour les bénéfices qu'ils apportent.
Et ne pas oublier que le web dispose d'un potentiel pédagogique, permis par la technologie, qui est encore considérablement sous-exploité...