Politique et Web : quels usages ?

Quelles sont les tendances du web politique? Comment nos politiques utilisent-ils Internet?,...

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jeudi 23 mars 2006

Dis moi qui tu votes, je te dirai si je t'aime...!

Conservative Match



Dans la lignée "prospective US" du précédent billet, 2 sites américains ont retenu mon attention aujourd'hui : Democratic Singles et Conservative Match.

Comme leur nom l'indique, ce sont des sites de rencontre par affinité politique; véritables synergies entre marketing, politique et Internet.

Si le site démocrate ne laisse pas entrevoir grand chose de se qui se cache derrière l'accès privé, le site des républicains nous donne plus de visibilité : "le long questionnaire d'inscription qu'il faut remplir obligatoirement s'assure de sonder le niveau de conservatisme des internautes. De l'euthanasie à l'avortement en passant par l'homosexualité, toutes les questions permettent de sonder le profil des célibataires" nous révèle le Technaute.

A quand les sites de rencontre pro-CPE et anti-CPE en France...? ;-)

Technorati Profile

dimanche 19 mars 2006

CPE : Le 1er ministre se met aux bannières publicitaires...

CPE_publicité
Voici l'une des bannières publicitaires via laquelle le Premier Ministre attire l'internaute vers son site.

Le mini-site argumentaire du Premier Ministre n'est foncièrement pas une mauvaise idée. Cela dit, les arguments restent très superficiels (exemple : "Le Contrat Première Embauche est un Contrat à durée indéterminée").

Au final : pas certain que cette initiative tende à restaurer la confiance des français en ce nouveau contrat... et que ce site reste dans les annales du site argumentaire.
Sur la forme, l'initiative d'une campagne publicitaire en ligne à ce stade de la partie ne conduit-elle pas à jeter l'argent par les fenêtres?
D'autant que la stratégie d'achats de mots clés dans Google, largement utilisée par l'UMP, a semble-t-il également touché le Premier Ministre...

lundi 20 février 2006

Les nouveaux adhérents de l'UMP: franchement marqués à droite, sarkozystes, mais peu motivés par l’engagement politique

L'UMP a confié a IPSOS la réalisation d’une enquête sur les nouveaux adhérents de l'UMP.

Principaux résultats : une structure sociodémographique complétement décalée par rapport à la population réelle: peu de jeunes : seuls 21% ont moins de 35 Ils sont plus largement retraités que l'ensemble des Français (36 % contre 23 %), plus souvent cadres supérieurs (15 % contre 7 %) et moins ouvriers (3 % contre 16 %). Ils sont plus âgés que la population française : les 45-49 ans représentent 47 % des nouveaux adhérents, alors qu'ils ne pèsent que 36 % chez les Français en général. Leurs attentes portent en priorité sur l'immigration (52 %), le travail (43 %), la réforme de l'Etat (40 %) et les 35 heures (39 %).

En fait, les nouveaux adhérents de l'UMP ont tendance à ressembler à son président. Ils se positionnent très clairement à droite. Lorsqu’on leur demande de se situer sur une échelle gauche droite allant de 0 à 10, 83% se positionnent entre 7 et 10 : l’identité politique de droite est clairement revendiquée et assumée par ces nouveaux adhérents. 78% d’entre eux ont adhéré en raison de la personnalité et du discours de Nicolas Sarkozy.

Les nouveaux adhérents de l’UMP semblent trés moyennement soucieux de s’impliquer dans la vie publique. Ils aspirent surtout à voter pour désigner le candidat à l’élection présidentielle (85%) . Seuls la moitié d’entre eux envisagent d’assister à des meetings (54%) ou participer à des débats d’idées (43%). Une faible minorité de ces nouvelles recrues se dit prête à coller des affiches ou distribuer des tracts (18%) ou encore tenir une permanence (15%). Seuls 13% d’entre eux envisagent de participer à des chats ou à des forums sur le site Internet de l’UMP.

L'UMP recrute des adhérents "sarkozystes"

Le diaporama des résultats de l'enquête

L'UMP invente le "caporalisme numérique"

L’UMP développe, avec constance, une stratégie offensive tendue vers la constitution de fichiers et largement sous-traitée à des prestataires spécialisés. L’UMP n’hésite pas à acheter des fichiers d’adresses commerciaux et des liens sponsorisés sur Google. L’UMP a mis en place, il y a deux ans, une procédure d’adhésion directe en ligne. Celle-ci représenterait aujourd’hui près de 14 % des renouvellements de carte et des adhésions.Par certains aspects, elle "achète" aussi ses adhérents en leur faisant miroiter des avantages tarifaires (maximiles).

- Cette stratégie offensive est très directement calquée sur celle du Parti Républicain. Karl Rove (le stratège des campagnes et des coups tordus de George Bush Jr n'a jamais caché qu'il s'inspirait du webmarketing de WalMart.

- Comme le fonctionnement de l’UMP, tout entier organisé autour de la figure du Chef, la stratégie Internet de l’UMP présente un caractère très centralisé et très vertical : les cybermilitants sont invités à relayer autour d’eux les messages de Nicolas Sarkozy.

- Nicolas Sarkozy dispose, tous les matins, d’une note-synthèse qui résume les courriels reçus la veille et ce qui se passe dans la blogosphére. On l’a vu, habilement, répondre très vite, sur le blog de Mathieu Kassowitz, aux propos très durs du cinéaste sur le rôle du Ministre de l’Interieur dans le déclenchement de la crise des banlieues. Et plus récemment expérimenter le podcasting.

Le sarkospam

Durant le mois de septembre, l’UMP a envoyé, en plusieurs vagues, quelque 2 millions de messages électroniques à des internautes - constituant ainsi la plus importante campagne politique électronique à ce jour, en France.

L’objectif de la campagne était d’attirer 10.000 nouveaux adhérents, mais aussi de constituer un fichier de « sympathisants » (personnes acceptant de recevoir reguliérement des mails de l’UMP).

Cette campagne a suscité une vive controverse, de nombreux internautes, estimant qu’ils n’avaient pas donné leur accord pour recevoir ce type de spam. Plusieurs internautes qui ont déposé plainte à la CNIL des libertés, où elles sont en cours d’instruction.

L’achat de liens sponsorisés

L’UMP a innové avec l’achat de liens sponsorisés sur Google, pendant la crise des banlieues. Cette campagne consistait à faire apparaître un lien publicitaire vers une pétition appelant au retour à l’ordre. Lorsque l’internaute cliquait sur le mot « Banlieue », « Gauche », « Chirac », « Insécurité », ou « Parti Socialiste » dans Google, il était redirigé vers le site de l’UMP. Cette campagne n’aurait coûté au final, qu’à peine 40 000 euros : 200 000 personnes seraient venues visiter le site, dont 60 % étaient inconnues des bases de données de l’UMP.

Projets UMP dans la perspective de 2007

L’UMP prépare la mise en place d’un « centre d’action militante », construit sur le modèle de ce qui se fait déjà aux Etats-Unis, où les sympathisants d’une formation politique fédèrent leurs énergies sur Internet avant de se retrouver dans la vie quotidienne. Quelques centaines de militants UMP se sont déjà regroupés sur une plate-forme communautaire, Affinitiz.com, pour promouvoir une (encore officieuse) candidature à l’élection présidentielle de Nicolas Sarkozy.

L’UMP met en place un programme de fidélisation et de parrainage destinés à récompenser les cyber-militants les plus méritants.

A l’horizon 2007, l’UMP annonce qu'elle prépare une Web TV diffusée notamment grâce à la téléphonie mobile de troisième génération et un système d’alerte par SMS (notamment pour les passages dans les médias des responsables de l’UMP).

mardi 7 février 2006

L'achat de noms propres sur Google par l'UMP : pas vraiment légal...

Suite à la nouvelle vague d'achat de mots clés par l'UMP dans Google, ZD Net a interviewé Agathe Euvrard, avocate, sur la légalité de cette opération concernant les noms propres ("Jack Lang", mais aussi "Lionel Jospin" ont été achetés).

La réponse est claire : " L'exploitation non autorisée d'un nom patronymique à des fins commerciales, constitue une atteinte au droit au nom. Les principes juridiques du droit au nom permettent à son titulaire de s'opposer à toute usurpation ou utilisation illicite, à des fins commerciales ou publicitaires. "

Même si l'avocate reconnaît qu'aucune jurisprudence n'existe en la matière, "il existe bel et bien un droit au nom, comprenant l' usage de celui-ci et la faculté de s'opposer à son usurpation ou à son utilisation, à des fins commerciales. Cela implique que la seule atteinte au nom est susceptible d'ouvrir droit à réparation.

A ce jour, Jack Lang ayant demandé à ce que son nom ne soit plus affilié à l'UMP, l'opération a été suspendue sur son nom. Quant à Lionel Jospin, ça court toujours...(preuve à l'appui ci-dessous)